PLANS D'ACTION SUCCESSIFS

Association du Puech des Mourgues

Bilans et plans d'action

Des plans d'action successifs qui se heurtent tous aux même écueils (financement, maîtrise d'oeuvre, émotion post-incendie passée, multiplication des plans d'action)

 

 

Bilan de l'incendie de 1989, étude IARE (département de l'Hérault).

Suite à l'incendie de 1989, des mesures d'envergure ont été proposées :

 

1- Coupure stratégique Mas de Martin : elle a été considérée comme « partiellement réalisée » à travers les terres agricoles défrichées.

 

2- Coupure stratégique en bord de D1 : elle a été considérée comme « partiellement réalisée » en prenant en compte encore une fois les parcelles agricoles, pour lesquelles une action semble avoir été engagée. En 2010, les terres agricoles entretenues à Braveille n’ont pas brûlé. En revanche les parcelles non entretenues jouxtant les Travesses et le Serre de Pierrasse ont été parcourues. Une analyse de l'incendie par la communauté de commune du Grand Pic Saint Loup en juillet 2011 indique clairement que "les coupures stratégiques, quant à elles, n’étaient pas continues et n’ont pas complètement joué leur rôle de coupure »

 

3- Débroussaillement sous la ligne à haute tension : « partiellement réalisé » mais où ?

 

4- Coupe-feu de Saint Bauzille : selon l'étude 2011 de la CCGPSL « la création d’une bande débroussaillée de 50 à 100m de large dans la pinède au nord du village de Saint Bauzille de Montmel, [en 2008] a permis de diminuer l’intensité du feu, mais celui-ci a repris de l’ampleur après la zone débroussaillée, dans la bande boisée de 100 à 200m de large située entre les habitations et la bande débroussaillée ». Les 17 hectares de coupe-feu, créés 19 ans après leur préconisation n'ont pas permis d'arrêter les flammes. Par ailleurs, la concentration des moyens de protection des habitations, prioritaire, rendue nécessaire par le défaut de conception de ce coupe-feu a été préjudiciable, monopolisant des moyens au détriment de la lutte contre la propagation de l'incendie sur les massifs boisés.

 

Plan départemental de protection de la forêt contre l'incendie (PDPFCI) 2005.

Dans l'Hérault (à la différence du Gard où elle est plutôt du ressort des communautés de commune), la politique DFCI (Défense de la Forêt Contre l'Incendie) est prise en charge par le conseil général. Un document, le Plan Départemental de Protection de la Forêt Contre l'Incendie planifie l'action DFCI.

Ce plan prévoyait pour la commune de Saint Bauzille :

 

1- une vaste coupure MON03 partant de Fontanès et rejoignant la piste MOE077 en longeant le flanc est de la Suque (Les Travesses et les Travesses de la Suque). La piste MOE77 rejoint la zone du lien en longeant la crête au dessus de Montaud (Matamage, Rocher de la République). L'idée de cette coupure était d'offrir aux moyens de lutte une coupure jalonnant le couloir de feu et permettant de lutter de façon continue contre la progression de l'incendie. En 2010, cette coupure n'était qu'amorcée.

 

2- un coupure MON04 longeant le Pas du Capelan et continuant dans l’axe du Vallat de Conques en suivant la D21 vers Vacquières, sur le couloir de feu de l'incendie du .27 juillet 2007 qui ravagera la partie nord sur 56 hectares, démontrant deux ans après l'intérêt de cette coupure. Les abords de la piste DFCI MOE0028 du Pas du Capelan ont été en revanche traités sur une quinzaine de mètres de part et d'autre, ce qui n'a pas permis de stopper la progression de l'incendie vers l'est.

 

3- Enfin, les voies d’accès au Mas de Trousseiller/Peyregrosse/Bénovie et Saint Germain devaient être débroussaillées sur 15m, ce qui n'a pas été réalisé.

Le PDFCI 2013 l'indique donc clairement : "un schéma départemental de coupures a été réalisé. Il reste à mettre en place les coupures en trouvant au préalable les structures maîtres d'ouvrage".

 

Plan Massif Pic Saint Loup 2006.

Le plan Massif de Protection de la Forêt contre l'Incendie Pic Saint Loup, décline localement les directions du PDPFCI 2005. Le constat en 2005 était que l'interface Puech/Village était particulièrement sensible. Le réseau DFCI était qualifié de moyen par rapport à des zones avec un maillage plus dense.

Outre ce que les plans précédant intégraient, le plan massif préconisait

:

1- la création d’une coupure stratégique modifiée dans l’axe du feu qui traverse la zone incendiée de 1989 (et donc 2010) dans toute sa longueur. Sur la commune de Saint Bauzille, cette coupure suivait l’axe Truc de Salle/Serre de Pierrasse/Matamage. Elle bouclait ensuite sur la coupure stratégique MON3 à partir du Serre de Pierrasse/Matamage. Son coût était estimé à 72 800€ pour le traitement de 56ha et 17 200€ pour l'implantation de 2 citernes, action 8)

 

2- la création d'une coupure de combustible cette fois-ci perpendiculaire à l'axe du feu au nord du Puech et de Trousseiller. Elle devait suivre les Fontettes/L’euzière/Courroussou au sud de l’ancien chemin de Fontanès à Sommières. En pratique, la réhabilitation des friches agricoles et le défrichement des zones entre les parcelles en friche concernait 162.5ha, dont 77 sur la commune (action 6). Les travaux sur la commune étaient chiffrés à 100 100€. Ces coupures n'ont pas été réalisées et n'étaient donc que partielles (terres cultivées faisant office de coupure). Des langues boisées non défrichées séparant les différentes parcelles ont permis au feu de se propager.

 

3- Un débroussaillement sur 50m autour du Parking d'escalade du Puech des Mourgues (action 4), pour un chiffrage en 2005 de 1 300€

 

4- L'implantation de 2 citernes, une au nord du Puech, une autre près du Mas de Martin (action 10), estimé à 8 600€/citerne.

 

5- La prescription d'un PPRif (Plan de Protection contre le Risque incendie de forêt) par Mr le Préfet pour Saint-Bauzille (action 17, reprenant l'action 1.7 du PDPFCI 2005). Un PPRif permet de délimiter les zones d'aléa incendie fort (et de les déclarer inconstructibles) et moyen (où l'implantation des habitations doit tenir compte du risque incendie et ne pas l'aggraver). Il permet également de prévoir les moyens de prévention, protection et sauvegarde. Un PPRif est un document à portée juridique et constitue une DUP (déclaration d'utilité publique). Il s'impose aux autres documents (PLU par exemple) qui doivent être adaptés. Le préfet peut décider que la réalisation des mesures définies est obligatoire et à réaliser dans un délai de 5 ans.

 

6- Le débroussaillement d'une bande de 50m en interface village/contreforts du Puech, en plus de la bande de 50m (OLD, obligation légale de débroussaillement des propriétaires des parcelles en interface). Cela représentait 14ha et 18.200€ (action 9). Un coupe feu a été créé, situé à 150m de la zone OLD plutôt qu'en contact. L'application de l'obligation de débroussaillement n'a pas été mis en oeuvre de façon systématique.

Plan d'action de 2010.

En décembre 2010, un premier bilan a été tiré et de nouvelles mesures "exemplaires" ont été envisagées. Un plan d'action a été signé conjointement par Mr le Maire et le Préfét (ainsi que les Maires des communes avoisinantes). Ce plan d'action est disponible ici. Si l'ambition était importante, les réalisations ont été plus spartiates :

 

1- Un plan de Sauvegarde pour la commune de Saint Bauzille de Montmel a été établi. Ce plan identifie les personnes isolées à protéger et les moyens à mettre en oeuvre lors d'un incendie. Sa vocation est de faciliter l'organisation des moyens et non d'établir les mesures nécessaires à la prévention. Il est très étonnant que la commune n'ai pas mis en place de plan de sauvegarde plus tôt (1989).

 

2- Les dégâts ont étés inventoriés et la chasse interdite (actions DDTM)

 

3- Une sensibilisation minimale contre le risque incendie est effectuée, dans les boîtes à lettres.

 

4- Certains terrains communaux et privés (Pas du Capelan, petite zone au pied du Puech, Serre de Jeannou) ont été nettoyés en 2010, 2011 et 2012, avec le soutien de l'entreprise Philip Frères et de la CCGPSL (voir Etude CCGPSL 2011).

 

Aucune des mesures suivantes n'a été mise en oeuvre 3 ans après l'incendie :

5- Lors de la révision du document d'urbanisme mettre en place des zones de protection collective en interface habitat-forêt.

 

6- Réviser le document d’urbanisme pour prendre en compte le risque majeur d’incendie de forêt. Le PLU, arrêté en 2012, approuvé en 2013 ne fait même pas état de l'incendie du 30 août 2010 ! Il se borne aux obligations réglementaires en matière de débroussaillement (obligation légale de débroussaillement, OLD, sur une bande de 0-50m autour des habitations en interface avec des parcelles boisées).

 

7- Prendre en compte le risque majeur d’incendie de forêt dans les documents d’urbanisme PLU. Utiliser la carte de risque incendie de forêt fournie par la DDTM.

Lors de la révision du document d'urbanisme et dans le règlement, interdire l'implantation de réserves de combustibles extérieures à moins de 10 m des nouvelles constructions.

 

8- Porter par arrêté du maire de 50 m à 100 m la profondeur de débroussaillement réglementaire autour des constructions dans les zones les plus exposées (article L.322.3 du Code forestier) (B12). Cette action est reprise dans l'étude de la CCGPSL 2011 et dans le PDPFCI 2013 .

 

9- Prescrire après mise en demeure, par arrêté du maire, le nettoyage et l’entretien des terrains pour des motifs d’environnement (gestion des friches à proximité des constructions) en vertu de l’article L.2213-25 du Code général des collectivités territoriales.(B13) Contrôler la réalisation des travaux et les exécuter, le cas échéant, aux frais du propriétaire.

 

Les habitants touchés de près par le feu n'ont reçu aucune aide pour nettoyer les abords de leurs habitations et couper les arbres brulés. Les troncs calcinés, aux abords du village, sur les contreforts du Puech des Mourgues (au nord en particulier) marqueront encore pendant de nombreuses années le paysage de la commune de leurs silhouettes lugubres.

 

Etude bilan et perspectives de réhabilitation du site incendié suite à l'incendie de Fontanès du 30 août 2010 (juillet 2011, CCGPSL).

Ce document de synthèse propose différentes pistes sans être un plan d'action en lui même. Les pistes en relation directe DFCI sont :

1- Action 1 : traiter les interfaces villages/zone naturelle. Dans le cas de Saint Bauzille, cette étude préconise la création d'une bande 50m-100m en plus de la bande OLD 0-50m dont l'entretien "est à la charge" des habitants concernés. Notons cependant que l'OLD ne concerne qu'une bande de 50m autour des habitations et non en bordure d'une ligne d'interface claire. En d'autre termes, en fonction de l'implantation des habitations, cette bande aurait une forme très contournée. Selon cette étude l'entretien de cette interface serait réalisé par pacage de troupeaux ou feu dirigé, ce qui permettrait de limiter les interventions par débroussaillage mécanique tous les 3-5 ans (pour éliminer les refus de pâturage).

 

2- Action 2 : Réhabilitation les secteurs à enjeu paysager fort et majeurs. L'étude identifie différents secteursen fonction de leur enjeu paysager :

  • Combe de Matamage : sensibilité moyenne à forte
  • Puech des Mourgues Sud/Plaine de Montaud : sensibilité majeure.
  • Vallat de Conque : sensibilité moyenne.
  • Trousseiller/Peyregrosse/Amas Luquier : sensibilité forte (cette zone est identifiée comme telle aussi dans l'atlas DREAL des paysages de l'Hérault).

AInsi, 169.6 hectares à réhabiliter, en plus des terrains nettoyés (Pas du Capelan, contreforts sud du Puech), ont été recensés sur la seule commune de Saint Bauzille. Il est proposé de laisser faire la régénération naturelle sur les secteurs les moins fréquentés ou à enjeu naturel (Vallat de Conque). Enfin, l'étude propose de réhabiliter les ripisylves (dont celle du vallon de Bénovie dans la zone Trousseiller/Peyregrosse, Action 5).

 

3- Actions 3 et 4. Conforter les exploitations pastorales existantes (Matamage et Combe de Matamage) et développer le pâturage dans les secteurs DFCI stratégiques (Amas Luquier/Trousseiller/Saint Germain).

 

4- Créer des coupures agricoles perpendiculaire à l'axe du vent dominant en éliminant les langues boisées interparcelles qui propagent le feu et renforcer le caractère agricole du vallon de Matamage.

 

Plan départemental de protection de la forêt contre l'incendie (PDPFCI) 2013.

Le PDFCI fait le constat que la réhabilitation des terrains est difficile et que les mesures de financement adaptées, par le Programme de Développement Rural Hexagonal par exemple, ne sont pas utilisées. Le plan convient que l'incendie a dégagé de vastes surfaces qui facilitent grandement la création de coupures de combustible : "Il serait cependant intéressant de profiter de l’existence de zones incendiées pour « couper » les couloirs de feux, en maîtrisant l’évolution de la végétation. Ces actions devront être prévues dans les plans de massif."

 

Les pistes d'action concernant la commune de Saint Bauzille sont :

1- Action 1.5 : renforcer le respect de la réglementation débroussaillement. A ce titre, ce commentaire est éloquent : "les maires ne prennent le relais pour l’application de cette réglementation, même dans les communes qui ont subi de grands feux ayant menacé des habitations".

 

2- Action 1.10 : appliquer la réglementation sur le nettoyage dans les zones à plus de 200m des zones sensibles à l'incendie de forêt (des parcelles au coeur du village ont brûlé en totalité en 2010).

 

3- Action 2.1 (2.5 dans le PDPFCI 2005) : établir un cahier des charges pour la réalisation des interfaces forêt/habitat. Ce cahier des charges permettrait de préciser les points importants pour la réalisation de l'action 1 de l'étude de 2011 de la CCGPSL par exemple.

 

4- Action 2.3 (2.5 dans le PDPFCI 2005) : réaliser les coupures stratégiques dont MON04 définies au PDPFCI 2005.

 

5- Action 2.8 : prendre en compte la ressource en eau brute (BRL) pour la lutte incendie. Les bornes incendies, correctement réparties n'ont pas eu le débit nécessaire, comme l'indique l'étude de la CCGPSL : « Le ravitaillement auprès de ces bornes s’avère toutefois insuffisant dans le cas d’un incendie d’une intensité extrême comme ce fut le cas en 2010, qui nécessite des quantités d’eau considérables »

 

Au niveau communal, si l'enjeu de protection contre l'incendie est peut-être identifié, la mise en oeuvre des mesures est plus problématique. S'en remettre à la fatalité (les incendies sont d'origine humaine dans presque tous les cas) permet de cacher un manque d'ambition évident. L'entretien de 30 hectares de coupure de combustible en interface forêt/habitat est estimé à 10 000€/an, soit un coût largement à la portée d'une commune comme Saint Bauzille de Montmel (le montant total de travaux d'entretien de voierie habituels comme la commune en réalise plusieurs par an est de l'ordre de 45 000€/an). Les plans d'action se succèdent, parfois suite à l'émotion liée aux incendies. Les actions concrètes en matière DFCI sont elles beaucoup plus limitées.

 

L'association du Puech des Mourgues agit pour que les actions préconisées par les différents plans successifs soient mises en oeuvre.

 

Patrimoine naturel

Missions

 

  • Oeuvrer à la protection du Puech des Mourgues (paysage et patrimoine naturel)
  • Mettre en valeur le site
  • Lutter contre le risque incendie
  • Réunir les habitants autour de la protection de leur cadre de vie